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Assassinat d’Ekramuddin Saree au cœur de l’Iran : que signifie le silence de Téhéran ?

Kamaluddin Warasta

janvier 1, 2026
Temps de lecture 13 mins
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Assassinat d’Ekramuddin Saree au cœur de l’Iran : que signifie le silence de Téhéran ?

Le fait qu’un ressortissant étranger soit pris pour cible et perde la vie sur le territoire d’un autre État — en particulier lorsqu’il s’agit d’une personne ayant un passé militaire, sécuritaire ou politique — ne peut être considéré comme un simple fait criminel. Un tel événement engage à la fois le droit international, la sécurité intérieure, la diplomatie régionale et la crédibilité politique du pays hôte. Dans ce contexte, la réaction du gouvernement concerné — ou son silence — n’est pas un élément secondaire, mais fait partie intégrante de l’événement lui-même. Dans l’affaire de l’assassinat d’Ekramuddin Saree, ancien commandant de la police des provinces de Takhar et Baghlan, survenu à Téhéran, le silence de huit jours observé par les plus hautes autorités iraniennes est devenu l’une des « dimensions significatives » de cette affaire.

En droit international, la responsabilité des États ne se limite pas à leurs seuls actes directs. L’un des principes bien établis est celui du « devoir de diligence », qui oblige les États à veiller à ce que leur territoire ne serve pas à porter atteinte à autrui. Ce principe revêt une importance particulière lorsqu’il s’agit de ressortissants étrangers. L’État hôte doit démontrer qu’il a pris, dans la mesure de ses capacités, des mesures raisonnables de prévention et qu’en cas d’incident, il réagit avec sérieux et transparence. Il ne s’agit pas d’une obligation de résultat, mais bien d’une obligation de comportement responsable. Autrement dit, aucun État n’est tenu de garantir qu’aucun assassinat ne se produira jamais sur son sol, mais il est tenu de prouver qu’il n’est ni indifférent ni passif face à un tel acte.

Une erreur analytique fréquente consiste à conditionner la responsabilité de l’État hôte à la preuve de l’implication d’un État ou d’un groupe étranger. Cette approche est juridiquement erronée et politiquement simpliste. La responsabilité de l’État commence dès la survenance de l’incident, et non à partir de l’identification des auteurs. Même si l’assassinat a été perpétré par un individu isolé, un réseau informel ou un groupe extérieur, l’État hôte doit montrer que l’enquête a été ouverte, que les institutions compétentes sont mobilisées et que l’opinion publique est, au minimum, informée à un niveau élémentaire. Le silence total, surtout dans les premiers jours, équivaut à une « suspension de cette responsabilité ».

C’est ici que le silence de l’Iran prend une importance particulière. Quatre jours après les faits, la seule réaction officielle enregistrée émane du gouverneur de Téhéran, et encore, sans mention directe du nom d’Ekramuddin Saree, en réponse à la question d’un média. Il a indiqué que les investigations officielles se poursuivaient, qu’aucune conclusion n’avait encore été arrêtée et que les résultats seraient annoncés le lendemain (dimanche). En dehors de cette déclaration brève, aucune autre position officielle n’a été rendue publique jusqu’à présent. Ce silence ne peut être attribué uniquement à des « procédures administratives » ou à la « complexité du dossier ». L’expérience internationale montre que, même dans les affaires sécuritaires les plus sensibles, les États formulent généralement une réaction minimale au niveau des autorités centrales ou des hauts responsables — non pas pour reconnaître une responsabilité juridique, mais pour affirmer le principe de la redevabilité.

Sur le plan politique, le silence d’un État hôte n’est jamais neutre. En politique, l’absence de position officielle est rapidement comblée par des récits non officiels. Différents acteurs, chacun avec son propre agenda, remplissent le vide informationnel par des interprétations parfois contradictoires. Dans cette affaire, le silence iranien a ouvert la voie à des accusations allant de l’« assassinat d’État » à une « opération transfrontalière » ou à un « règlement de comptes politique ». Même si aucune de ces allégations ne repose sur des preuves définitives, la responsabilité de contenir cet espace spéculatif incombe incontestablement à l’État sur le territoire duquel l’événement s’est produit.

Au niveau régional, les conséquences potentielles de ce silence sont encore plus préoccupantes. L’Iran accueille de nombreux ressortissants et figures politico-militaires afghans, dont beaucoup sont opposés aux Taliban. L’assassinat de l’un d’entre eux, en plein cœur de la capitale, suivi d’une absence de réaction officielle, peut transmettre — volontairement ou non — le message que leur sécurité n’est pas garantie ou, à tout le moins, qu’elle ne constitue pas une priorité. Une perception qui, qu’elle soit fondée ou non, est directement liée aux intérêts sécuritaires et politiques de l’Iran.

Du point de vue du droit international, un silence prolongé peut également affaiblir la position défensive de l’État hôte. Si cette affaire venait à être examinée ultérieurement dans des instances juridiques ou politiques internationales, l’une des premières questions porterait sur les actions entreprises par l’État dans les jours qui ont suivi l’incident. L’absence de toute prise de position officielle rend la réponse à cette question plus difficile. Même si des enquêtes sérieuses sont en cours, le manque de communication initiale peut être interprété comme un signe de réticence ou de faiblesse.

Pour conclure, il convient de souligner que mettre en avant la responsabilité de l’État hôte ne signifie pas préjuger de l’identité des auteurs de l’assassinat. Dans cette analyse, je ne condamne ni les Taliban ni n’affirme l’implication certaine d’un autre acteur. L’enjeu central de ce texte est la préservation d’un principe fondamental de l’ordre international : le territoire des États ne doit pas devenir un théâtre d’élimination physique des opposants politiques d’autrui, et si un tel acte se produit, l’État hôte doit, par un comportement responsable, transparent et rapide, empêcher sa banalisation. Dans ce cadre, le silence n’est ni neutralité ni prudence ; il devient en soi une position, dont les coûts peuvent être invisibles à court terme, mais lourds à long terme.

Les textes publiés dans la rubrique « Regard des lecteurs » reflètent l’opinion de leurs auteurs et ne représentent pas nécessairement la position officielle de Deeyar TV.

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