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La République a commencé à mourir dans les palais, pas sur les lignes de front

Abdul Zohor Nejrabi

août 15, 2025 - Mis à jour le décembre 3, 2025
Temps de lecture 13 mins
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La République a commencé à mourir dans les palais, pas sur les lignes de front

Photo : AP

Nous étions une génération élevée au milieu des étincelles de la guerre, parmi les échos des explosions et l’odeur de la poudre ; et pourtant, là même, au cœur de la destruction, nous gardions un mince espoir pour le lendemain. Nous croyions que, malgré la corruption et les défaillances, la République tiendrait bon — quelque chose que nous pouvions encore réparer, encore améliorer. Mais le 15 août 2021 a tout changé : un jour où Kaboul a perdu son souffle, et où nous avons appris que l’histoire peut, en un instant, bouleverser le destin d’une nation.

Ce matin-là, comme les autres, je suis sorti avec ma caméra et mon carnet, jeune reporter à la recherche des histoires du jour pour un journal local. Les rues de Kaboul étaient pleines de murmures et d’inquiétude. De chaque côté, on chuchotait : « Les talibans sont aux portes… la ville s’effondre… ils sont partout. » Pourtant, peu imaginaient que la capitale tomberait en quelques heures. Mais peu à peu, le poids de la catastrophe qui approchait devenait visible dans les visages et les regards. Ce qui suit est mon récit de première main de la chute de Kaboul — et la réflexion d’un jeune journaliste sur l’effondrement de la République.

La matinée avait commencé comme d’habitude : klaxons, trottoirs bondés, course effrénée de la vie quotidienne. Mais quelques heures plus tard, l’odeur de la fuite planait lourdement sur la ville. Les banques n’avaient jamais été aussi bondées — les gens retiraient de l’argent, serraient passeports et billets d’avion, cherchant désespérément une issue.

Les nouvelles se répandaient à une vitesse vertigineuse. Chaque chaîne, chaque station de radio, chaque page Facebook racontait une version différente. Rumeurs et réalité se mêlaient dans la confusion. Les forces de sécurité avaient disparu des rues. Les bâtiments gouvernementaux étaient vidés les uns après les autres ; les drapeaux tricolores arrachés de leurs toits. Chacun cherchait une sortie — certains préparaient une fuite immédiate, d’autres s’empressaient d’effacer leur passé, et certains — comme moi — tentaient simplement de comprendre ce qui était arrivé à une ville qui, malgré tous ses défauts, gardait encore un pouls.

En tant que reporter, je voulais être au cœur des événements, et pourtant mon esprit — comme celui de tous les autres — était plein de questions. Si Kaboul tombait, que deviendraient nos libertés fragiles ? Qu’adviendrait-il des femmes qui venaient à peine de trouver leur voix dans les universités et les médias ? Qu’en serait-il de l’avenir de l’éducation, des droits, de notre identité ?

Vers midi, la nouvelle est tombée : le président avait quitté le pays. Ce fut comme une flèche transperçant le dernier fil d’espoir. Les dirigeants afghans avaient déjà abandonné le peuple par le passé — mais cette fois, leur départ signifiait la perte de chaque acquis, payé par le sang et la sueur de millions de personnes.

La chute de Kaboul ne s’est pas jouée en un seul jour ; elle se préparait sous la peau de la nation depuis des années. La corruption, la mauvaise gestion, la dépendance excessive aux puissances étrangères et l’absence de volonté nationale de réforme avaient déjà vidé l’État de l’intérieur. La corruption structurelle — dans les contrats de sécurité, les projets de reconstruction et à travers les institutions — avait érodé la confiance du public. Au lieu de voir l’État comme une protection, les gens le voyaient comme un fardeau. Les divisions politiques, les rivalités ethniques et l’absence de consensus national ont offert un terrain fertile aux talibans. Au lieu de nous unir sous un même drapeau, nous nous sommes consumés à souligner nos différences.

Pendant ce temps, nos forces de sécurité — formées et équipées grâce au soutien étranger — se sont effondrées lorsque ce soutien a été brusquement retiré. Les défaillances du leadership, les mauvaises décisions, des négociations de paix incohérentes et une rupture avec la population ont tous contribué à la chute.

En tant qu’étudiant en droit, ce jour-là m’a appris bien plus que n’importe quel manuel : lorsque les piliers de la justice et de l’État de droit sont fragiles, toute la structure politique peut s’écrouler d’une simple poussée.

Quand les talibans sont entrés dans Kaboul, tout a changé en l’espace de quelques heures. Beaucoup de mes collègues des médias ont dû se cacher ou fuir. Moi, comme d’innombrables autres, je me suis retrouvé à la croisée des chemins : me taire et survivre, ou quitter ma patrie. Les talibans sont arrivés avec de vagues promesses de « gouvernance sous la charia », mais ont rapidement rétabli les mêmes restrictions dont notre génération gardait le souvenir de l’enfance. Les femmes ont été écartées du travail et de l’éducation ; les filles chassées des écoles ; ceux qui protestaient réduits au silence par la force. Effacer les femmes de la vie publique n’est pas seulement une décision politique — c’est retirer à une nation la moitié de sa capacité à grandir et à se reconstruire. Le résultat, c’est ce que nous voyons aujourd’hui : une migration massive des talents, une pauvreté généralisée, et une génération qui se noie dans le désespoir.

En somme, le jour où l’Afghanistan est tombé n’est pas qu’une date — c’est une plaie vive. L’effondrement de Kaboul a montré qu’un pays construit sur la dépendance et la corruption est condamné à s’écrouler. Il a prouvé qu’un pouvoir sans véritable soutien populaire ni dirigeants responsables ne peut survivre. Pour quelqu’un qui a été témoin de ce jour de près — et pour un étudiant en droit qui a ressenti la brûlure de l’absence de loi — la plus grande trahison envers une nation, c’est la corruption politique et l’abandon de son peuple. Aujourd’hui, cette trahison pèse avant tout sur les femmes d’Afghanistan.

Kaboul respirera peut-être de nouveau un jour — mais tant que nos dirigeants ne tireront pas les leçons de l’histoire, son souffle restera court, fragile, et menacé de s’éteindre encore une fois.

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