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Sous le régime taliban, les femmes ne sont ni marginalisées ni restreintes — elles sont effacées

Muslema Wahdat

juillet 21, 2025 - Mis à jour le décembre 2, 2025
Temps de lecture 10 mins
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KABOUL, AFGHANISTAN – 22 DÉCEMBRE 2022 : Des Afghanes manifestent contre la nouvelle interdiction talibane d’accéder à l’enseignement universitaire. Depuis l’annonce de la suspension le 20 décembre, des gardes armés empêchent les femmes d’entrer sur les campus. Photo : Stringer / Getty Images

Depuis le retour des talibans au pouvoir, l’effacement systématique des femmes de la vie publique en Afghanistan s’est imposé avec une rapidité implacable. Ce processus ne constitue pas seulement une restriction, mais un projet politique visant à nier l’existence sociale des femmes. Dans l’idéologie talibane, l’exclusion féminine n’est pas une politique temporaire : elle est le cœur même du système de domination, un pouvoir qui se consolide par l’élimination méthodique de la moitié de la population.

Aujourd’hui, les femmes sont privées non seulement d’éducation scolaire et universitaire, mais aussi de leurs droits humains les plus élémentaires : accès à l’emploi dans la fonction publique et de nombreux secteurs privés, liberté de mouvement, droit de recevoir des soins médicaux, possibilité d’entrer dans des espaces publics ou récréatifs sans tuteur masculin. À Kaboul, la détention arbitraire de femmes — simplement pour leur présence dans l’espace public — a atteint un niveau sans précédent, devenant une forme de « purification physique » visant à les expulser des espaces urbains et à les effacer symboliquement de l’existence sociale.

Sur le plan juridique, les pratiques talibanes ne reposent sur aucun fondement solide du fiqh sunnite — en particulier du droit hanafite que les talibans prétendent suivre. Le droit hanafite accorde la présomption d’innocence et stipule qu’aucune personne ne peut être détenue ou punie sans faute prouvée devant un tribunal légitime garantissant le droit de défense. En droit islamique, les femmes sont des sujets moraux autonomes ayant le droit de se déplacer et d’apparaître en public, sauf décision judiciaire explicite. Or les talibans, au nom de la « promotion de la vertu », violent ces principes : leurs actes ne reposent ni sur une preuve claire, ni sur des procédures légitimes, ni sur les paliers successifs prescrits dans le droit classique.

Même sur la question du hijab, les talibans s’écartent de sa signification éthique et dévotionnelle, le transformant en instrument de discipline politique coercitive. Pour la plupart des savants musulmans, le hijab relève d’abord d’un choix moral individuel avant d’être un décret étatique. Ce que les talibans imposent comme « ordre social » n’est en réalité qu’une forme idéologique de contrôle autoritaire, sans justification jurisprudentielle.

D’un point de vue sociologique, l’exclusion des femmes constitue bien plus qu’une discrimination : elle représente l’effondrement d’une structure sociale. Une société saine repose sur la participation de tous ses membres. Écarter méthodiquement les femmes revient à neutraliser la moitié des capacités productives, culturelles, sociales et intellectuelles du pays. La transmission des valeurs, la reproduction culturelle et la cohésion sociale s’en trouvent gravement compromises. Les talibans ont instauré un « ordre monogenré », phénomène extrêmement rare même dans les régimes théocratiques traditionnels.

Parallèlement, malgré de nombreuses condamnations, la communauté internationale contribue, de fait, à la normalisation de cette oppression par son silence ou des gestes symboliques. Les institutions internationales des droits humains — du Conseil des droits de l’homme à la Commission de la condition de la femme en passant par la CEDAW — ont qualifié les politiques talibanes de violations graves et de forme d’apartheid de genre. Pourtant, aucune mesure contraignante ou efficace n’a été mise en œuvre pour inverser cette trajectoire.

En droit international, de nombreuses pratiques talibanes relèvent des crimes contre l’humanité : exclusion systématique des femmes de la vie publique, interdiction d’éducation, restriction de mouvement, privation de soins médicaux — autant de violations des instruments fondamentaux tels que le PIDCP, la Déclaration universelle des droits de l’homme ou la Convention relative aux droits de l’enfant.

En conclusion, les talibans n’ont pas seulement marginalisé les femmes : ils les ont effacées de l’existence sociale à tous les niveaux — physique, institutionnel, intellectuel, juridique, culturel et civilisationnel. Les termes « discrimination » ou même « persécution » ne suffisent plus : ce qui se déroule en Afghanistan est un projet délibéré et systématique d’effacement des femmes.

Résister à cette réalité exige deux actions urgentes : d’abord, sensibiliser — en particulier au sein des sociétés musulmanes — sur la nature et la profondeur de cet effacement, afin de dissiper la confusion entre foi et pouvoir autoritaire ; ensuite, amplifier la voix des femmes afghanes sur les scènes régionale et internationale, afin que les récits religieux et sociaux des talibans ne restent pas incontestés. Il ne s’agit pas d’une crise interne : c’est une épreuve morale pour le monde contemporain. Un monde silencieux devient non pas témoin, mais complice actif de l’injustice.

Les opinions exprimées dans ce texte appartiennent exclusivement à leurs auteurs et ne reflètent pas la position éditoriale de Deeyar TV.

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