ONU Femmes a déclaré lors d’un point de presse à Genève qu’une écrasante majorité d’Afghans souhaitent que les filles puissent poursuivre leurs études, malgré l’interdiction imposée par les Taliban.
Selon une nouvelle enquête menée porte-à-porte par l’agence, plus de 90 % des plus de 2 000 personnes interrogées à travers le pays — incluant femmes et hommes, en zones urbaines comme rurales — estiment que l’éducation des filles est « absolument essentielle ».
Sophia Kaltorp, cheffe de l’assistance humanitaire de l’agence, a affirmé :
« Ces chiffres montrent que les Afghan·e·s, malgré les restrictions, veulent que leurs filles aient le droit d’apprendre. Dans un pays où la moitié de la population vit dans la pauvreté, l’éducation est la frontière entre le désespoir et la possibilité. »
Ces conclusions figurent dans le nouveau Gender Alert de l’agence, publié quatre ans après la prise du pouvoir par les Taliban et un an après l’adoption de leur “code moral”. Le rapport révèle que 97 % des femmes vivant dans les zones où l’interdiction de travail pour les ONG s’applique en ont été directement affectées, et que trois quarts d’entre elles décrivent leur santé mentale comme « mauvaise » ou « très mauvaise ».
Kaltorp a souligné que le soutien aux organisations locales de femmes est essentiel, car elles demeurent les seuls canaux accessibles pour les services de santé, l’appui psychosocial et les liens sociaux — surtout là où les femmes ne peuvent sortir sans mahram ni s’adresser à des hommes non apparentés. Elle a ajouté que ces organisations sont particulièrement vitales pour les femmes et les filles revenant d’Iran et du Pakistan — parmi les 1,7 million d’Afghans revenus cette année, souvent de manière forcée.
Malgré les restrictions, plus de la moitié des femmes interrogées déclarent garder espoir quant à l’avenir et à leur capacité de réaliser leurs aspirations. ONU Femmes appelle la communauté internationale à répondre à cet espoir et à se tenir aux côtés des femmes et des filles afghanes.




