À l’occasion du quatrième anniversaire du retour des Taliban au pouvoir, les mouvements de femmes afghanes ont publié une déclaration commune affirmant que les Nations unies et leurs États membres ont le devoir de protéger les droits et libertés du peuple afghan. Elles estiment que, par leur « inaction et leurs doubles standards », la communauté internationale a de facto permis la poursuite des « crimes » des Taliban.
Les mouvements de femmes appellent le monde à désigner les Taliban comme organisation terroriste et comme violateurs systématiques des droits humains. Elles exigent également que tout engagement avec le groupe soit conditionné au respect de ces droits.
Selon la déclaration, les Taliban ont violé les principes du Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que ceux de la Déclaration universelle des droits de l’homme en fermant les écoles et les universités aux femmes, en réprimant la liberté d’expression, en arrêtant arbitrairement des femmes, des militants et des journalistes, en assassinant d’anciens membres des forces de sécurité et en torturant ou déplaçant de force des minorités.
Les groupes accusent les Taliban d’imposer un « apartheid de genre » en Afghanistan et demandent sa reconnaissance formelle. Elles réclament la création d’une commission d’enquête relevant du Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour documenter les « crimes » des Taliban, en particulier l’apartheid de genre.
Parmi leurs autres demandes figurent l’arrestation des dirigeants talibans, l’imposition de sanctions et de restrictions supplémentaires, la prévention des « procès expéditifs et prisons secrètes », la protection des femmes protestataires, la prise en compte des revendications du peuple afghan, ainsi que la mise en œuvre des engagements pris lors des réunions internationales consacrées à l’avenir des femmes afghanes.
Elles exhortent également les États et les institutions internationales à renoncer immédiatement à toute politique d’« apaisement » envers les Taliban.
Le 14 août marque le retour des Taliban au pouvoir — une date à laquelle les femmes afghanes, principales victimes du régime, organisent manifestations, déclarations et actions symboliques pour faire entendre leurs revendications.




